Thursday, March 04, 2010

Toujours dans la rubrique "j'ai beaucoup aimé"



C'est très bon !

Labels: ,

Tuesday, September 22, 2009

La graine et le mulet



En France, un maghrébin d'un certain âge perd son travail et décide d'ouvrir un restaurant. Mais pas n'importe lequel : un restaurant sur un (vieux) bateau et dont la spécialité serait le couscous au poisson que son ex-femme fait si bien.

C'est un scénario toute en finesse, en subtilité(s), en non-dit(s).
J'ai aimé ce père, fatigué, tristounet, d'une dignité sans bornes, d'un courage sans limites. J'ai aimé cette ex-femme - son couscous m'a tellement mis l'eau à la bouche, que je m'en suis commandé un dès la fin du film - joyeuse et bonne cuisinière. J'ai aimé cette fille (de la concubine) qui n'a nullement froid aux yeux (ni au ventre d'ailleurs). J'ai aimé cette russe cocue qui pleure si bien, qui joue si bien que ça vous donne des frissons, si ce n'est des larmes...

J'ai tout aimé.

Si L'esquive a été une découverte pour moi, La graine et le mulet est simplement la confirmation que Kechiche a le don de nous faire - cette fois-ci, il a aussi écrit le scénario - des bijoux de films !


Labels:

Thursday, August 20, 2009

Thist and Departures

J'ai beaucoup aimé :



J'ai beaucoup aimé aussi :

Labels:

Wednesday, August 05, 2009

The good and the ugly

J'ai aimé :



Je n'ai pas aimé :




Labels:

Wednesday, April 15, 2009

Rachel getting married



Je suis une montagne de préjugés. Sur les livres. Les films. Les gens. Une montagne. Je les assume mes préjugés. J'en ris. Je m'en veux. Mais pas toujours. Des fois j'ai raison. C'est moi qui vous le dis.

Alors, voilà. Ce film. Avec son titre. Son affiche. Je me suis dit tout de suite : Un film à l'eau de rose. De la bouillie de merde. De quoi nous faire pleurer à souhait. De quoi nous faire rire à souhait. De quoi nous faire faire tout à souhait. En utilisant une recette bien établie, bien définie. Bien sûr, on va s'émerveiller devant tel paysage. Bien sûr, on va chanter avec telle chanson qu'on avait presque oubliée. Bien sûr, on va lâcher une larme ou deux devant telle situation. Tout ça est prévisible. Tellement prévisible que je n'ai pas envie. Pas envie. Pas envie.

Heureusement. Je piétine mes préjugés des fois. Justement, parce que c'est des préjugés. Et des préjugés c'est con.

Heureusement. Parce que Rachel getting married, ce n'est pas vraiment pas un film à l'eau de rose. Nâh.

J'ai été agréablement surpris par le réalisateur de Silence of the lambs et Philadelphia, entre autres. Par le jeu de Hathaway. Mais surtout par le jeu de tous les autres. (Ils viennent d'où ces gens, d'ailleurs ? Je ne les ai jamais vus !)

I liked ! Je ne vous en dis pas plus.

Labels:

Tuesday, September 30, 2008

Les citronniers



Salma, une veuve palestinienne, possède un petit terrain de citronniers. Israel, le nouveau ministre israélien de la défense, déménage en face de chez elle. Bientôt, Salma reçoit un avis de la cour israélienne : par mesure de sécurité, on doit couper tous ses citronniers. Salma engage un avocat palestinien et, du coup, une bataille juridique qu'elle se promet de ne point perdre.

- C'est triste. Parce que le sujet, parce que, surtout, les yeux tristement tristes de Hiam Abbass.

- C'est touchant. Pour les mêmes raisons.

- C'est intelligent. Parce que la douce critique du machisme palestinien (arabe, en général). Parce que la femme du premier ministre. Parce qu'Eran Riklis, réalisateur, aussi, du beau "la fiancée Syrienne", nous montre petit à petit, gentiment, l'absurdité de la "chose".

- C'est féministe. Parce que c'est aussi l'histoire d'une femme qui se bat contre vents et marées, pour ses droits bafoués sans vraie(s) raison(s).

- C'est prévisible. Parce qu'on connaît tous la fin, avant même de voir le film.

- Ce n'est pas si prévisible que ça. Parce que ce n'est pas exactement la fin à laquelle on s'attendait.

- C'est courageux. Parce qu'un israélien qui fait un film pareil, ça demande du courage, beaucoup de courage.

- C'est (presque) une bonne nouvelle. Parce que ça prouve, comme le répètent souvent certains, qu'Israël est, bel et bien, une démocratie. Mais à quoi ça sert d'être démocratique avec ses citoyens (et encore, pas tous...) et sanguinaire envers les "autres" ?....

- C'est beau. Parce que c'est, tout simplement, un beau film !

Labels: ,

Sunday, August 03, 2008

Deux jours à tuer



Un petit bourgeois, d'une quarantaine d'années, se réveille un matin et décide de tout foutre en l'air. Hop le boulot, hop les amis, hop la femme et les enfants. Mais quelle mouche l'a piqué ?

Laissez le sceptique en vous de côté et allez voir ce film ! Buvez chacune des paroles de Dupontel ! Aimez-le quand il dira ce que vous avez toujours rêvé dire, détestez-le quand il dira ce que vous ne voudrez jamais dire, mais ne le jugez pas. Il a peut-être ses raisons...

J'ai aimé tout. Les beaux paysages irlandais, le jeu "nerveux" de Dupontel. Les dialogues. La photographie. Tout. J'ai même aimé Marie-Josée Croze, tiens, alors que d'habitude, elle m'énerve (sans aucune raison objective).

Je ne vous garantis qu'une chose : quand le générique montera et que feu Reggiani vous chantera sa douce chanson 'le temps qui reste', vous aurez chaud au coeur et, peut-être, des larmes aux yeux.

J'aime !

Labels:

Tuesday, June 03, 2008

De l'autre côté. De tous les côtés.



En Allemagne, un turc d'un certain âge s'ennuie et passe par un bordel. C'est les charmes d'une turque qu'il se paye. Il revient. Il revient encore. Pourquoi ne viendrais-tu pas vivre avec moi, je te payerai ? Lui dit-il. Tu es tombé amoureux mon vieux ? Lui répond-elle. Elle va vivre avec lui. Elle rencontre le fils du vieux, qui enseigne à l'université. Pourquoi tu fais ça ? Lui demande-t-il. Pour payer les études de ma fille qui vit en Turquie, lui répond-elle. Comme ça, elle fera des études comme toi. Quand elle meurt, le fils plie bagages et part vers la Turquie chercher la fille.

Un film intelligent. Beau d'intelligence. Intelligent de beauté. Une poignée d'acteurs justes. Un scénario joliment ficelé autour d'un cache-cache allant d'Allemagne en Turquie, de Turquie en Allemagne, sans jamais s'arrêter. Et on se laisse bercer. Et on sautille sur notre fauteuil. Et on grimace et on sourit. Et les images défilent devant nous, toujours plus belles, toujours plus justes, sans complaisance aucune. Et quand vient le temps de conclure, quand une caméra américaine aurait filmé la femme au corps de rêve qui court sur la plage, l'homme bronzé au t-shirt blanc et aux cheveux mouillés qui court vers cette même femme, Fatih Akin filme un homme assis devant une mer bleue paisible, attendant son père. Et on imagine leur rencontre au lieu de la voir. Et on remercie Akin en se levant. Car c'est toujours mieux d'imaginer que de voir.

Bravo !

Labels:

Sunday, February 10, 2008

There will be blood




Quand un acteur bouffe la caméra, je suis toujours preneur, même si le film est moyen. Si le film est bon, c'est encore mieux. There will be blood est un film de cette dernière catégorie : le film est bon et Daniel Day-Lewis bouffe la caméra. Mais il n'y a pas que lui : il y a aussi Paul Dano qui, après nous avoir agréablement surpris dans Little Miss Sunshine, confirme dans ce film tout le bien qu'on pensait de lui. Toutes les scènes de Dano avec Lewis sont magiques. (Pour la petite histoire, c'est ce dernier qui l'a recommandé à Paul Thomas Anderson pour There will be blood )

There will be blood est l'un des meilleurs films (parmi ceux que j'ai vus) de l'année...

Je n'en dis pas plus : Geneviève m'a fait peur avec son dernier texte :)


Labels: ,

Monday, January 21, 2008

Persepolis - Les 9 raisons



- Parce que Marjane, c’est vous et moi, c’est tous les exilés du monde.

- Parce que l’Iran finalement, c’est aussi Cuba et compagnie. C’est toutes ces révolutions qu’on attendait impatiemment et qui se sont avérées (presque) aussi immondes que les dictatures qui les avaient précédées.

- Parce que des grand-mères comme celles de Marjane, ça devrait être obligatoire dans chaque famille.

- Parce que c’est tellement drôle et tellement émouvant.

- Parce que le minimalisme des couleurs et des dessins, on trouve ça magique.

- Parce que Chiara Mastroianni qui chante (faux) Eye of the Tiger, on trouve ça très magique.

- Parce qu’une vulgarisation si divertissante de l’histoire, ça ne se refuse jamais.

Mais surtout, surtout...parce qu’on kiffe grave chaque instant du film.

Ne faites pas la vaisselle. Délaissez vos conjoints. Faites fi du -40. Ne mangez pas. Ne buvez pas. Annulez tous vos rendez-vous. Mettez tous vos (méga importants) projets en suspens. Il y a plus important. Il y a Persepolis.

Marjane, je t'aime !


Labels: ,

Wednesday, November 14, 2007

La fièvre du grand écran



Je ne me rappelle plus du premier film que j’ai vu. Aussi loin que je puisse pousser ma mémoire, j’aperçois mon père, moi, une salle obscure et des dessins-animés. Je crois que ça s’appelait « Basil, détective privé ». Petite recherche sur Internet. Disney. 1986. Personnage inspiré de Sherlock Holmes. C’est ça. « Basil, détective privé ». La salle devait être celle de 7ème art à Rabat. Je ne sais quel âge j’avais. Je sais que j’ai été émerveillé, bercé, peut-être même transformé.

Ensuite, le cinéma est devenu ma passion. Non, je n’ai pas commencé à voir des Truffaut et des Godard. Non, je n’ai pas connu d’emblée Stella Adler et la méthode Actors Studio. J’aimais le cinéma comme l’aiment les mômes. J’allais voir des films de karaté, ninja, cow-boys, boxe, etc. J’allais voir tout ce qui passait dans ces chères salles de cinéma marocaines qui passaient deux films la même après-midi. À l’entracte, je m’achetais une limonade et un gâteau, si j’avais de l’argent. Sinon, je n’achetais rien. Ce n’était pas grave. Je ne faisais aucune analyse du film. J’ouvrais les yeux et me laissais aller. C’était magique.
Pour aller voir les films, je demandais de l’argent à mon père. Il me demandait : tu vas voir quoi ? Ninja 4. Parfois, il faisait une petite moue et, découragé, me tendait l’argent. Parfois, il me suggérait un autre film. Dois-je plutôt dire qu’il m’obligeait à voir un autre film ?

C’est ainsi que, par cet après-midi d’un mois d’une année dont je ne me rappelle pas, j’ai traîné mon ami M. à voir « L’empire du soleil ». Il était déçu. Nous devions aller voir Rambo. Il n’a pas voulu y aller seul. Alors, il m’a suivi.
Aujourd’hui, je cherche des informations sur « L’empire du soleil ». Il y a John Malkovich et Christian Bale. Il y a même en bas de la page de recherche, quelque part parmi les seconds rôles, Ben Stiller. Je ne connaissais aucun de ces messieurs à l’époque. D’ailleurs, je m’en foutais. Je m’en fous toujours. De ce film, je suis sorti bouleversé. Vraiment. Par l’histoire, par la photo, par la musique. Par tout.
- M., tu as aimé ?
- Bof. Rambo, ç’aurait été mieux.
- On ira le voir.

Et on est allés le voir. Et on a continué à voir les autres Bruce Lee, Client Eastwood et Schwarzenegger. Mais de temps en temps, le père mettait son véto. Et on allait voir l’autre cinéma.

Un jour, à la télé, il y avait cet autre film. Un extra-terrestre. Ses mains vertes. La lumière rouge au bout du doigt. Le vélo qui vole. Le petit qui fait semblant d’avoir la fièvre en approchant sa tête de la veilleuse. Et la fin. Et la gorge serrée. Et les larmes du petit Elliott. Et mes larmes. Et mes larmes. Et mes larmes.

Je sais. E-T, c’est 1982. L’empire du soleil, c’est 1988. Mais ma mémoire est ce qu’elle est. Et nous sommes au Maroc : Les dates n’ont aucune importance. Ça vient quand ça vient.


Plus le temps passait, plus je regardais des films. Plus je regardais des films, plus je devenais sélectif. Je regardais quand même les Bruce Willis, Stallone, Arnold, mais sans m’emporter. Sans y croire vraiment. Sans y mettre mon âme.

Il y eut bien entendu, ex-colonie française oblige, la passe française. Alain Delon versus Jean-Paul Belmondo. Tout le monde aimait Jean-Paul. J’aimais Alain. Et Jean-Paul. Les deux. J’ai dû voir tous leurs films de l’époque. Le professionnel. Et cette musique. Ah, cette musique ! (Ennio Morricone, mais je ne le savais pas à l’époque). Borsalino. Mort d’un pourri. Trois hommes à abattre. La tulipe noire. Zorro. Le cerveau. Flic ou voyou. Le marginal…
Il y eut aussi Louis De Funès, Lino Ventura, Jean Gabin. Et je regardais. Et j’absorbais. Et je riais et je pleurais. Et c’était la fête à chaque fois, à chaque image.

J’ouvre une parenthèse.

Un jour, j’ouvre un numéro du magazine Studio. Interview avec Delon. « Si je sais que je ne peux plus rendre une femme heureuse, je me tue ». « De la même manière que Dewaere ? » « Non, je ne voudrais pas vous laisser cette image de moi ».
Depuis, je n’aime plus Alain.

Parenthèse fermée.

Puis vint le temps des chefs-d’œuvre.

Le parrain. Avec un grandissime Marlon Brando, un Al Pacino très juste, un James Caan impulsivement impressionnant, un Robert Duval inoubliable. Ah, ce Marlon/Don Corleone, orange-dentier dans la bouche, faisant peur à son petit-fils, courant, tombant, mourant. Ah, cette raclée que donne James/Sonny à son beau-frère avec l’eau qui gicle de partout. Ah, les scènes de Pacino/Michael en Sicile. Ah, cette musique ! (Encore Morricone !)

Apocalypse Now. The horror. The horror. I love the smell of Napalm in the morning. Coppola qui hypothèque sa maison pour faire le film. Les gens de Hollywood qui rient de lui. Brando gros et chauve. Martin Sheen qui se tape une vraie transe devant la caméra. Et la palme d’or à Cannes, comme une baffe dans la gueule des sceptiques.

Taxi Driver. Are you talking to me? Are you talking to me? De Niro avec sa désormais mythique coupe de cheveux iroquoise à la fin du film. L’inoubliable petite Jodie Foster. Le détestable Harvey Keitel. Et cette scène où Travis/De Niro amène naïvement sa convoitée au cinéma, voir un film porno ! Le cinéma. Le vrai cinéma.

On the waterfront. Brando. Beau, jeune et majestueux. I could have been somebody, i could have been a contender. Elia Kazan. Ce grand cinéaste qui, en plein milieu de la chasse aux sorcières, a vendu des collègues. Comme quoi, on peut être grand cinéaste et crapule finie.

Raging Bull. De Niro encore. Et Joe Pesci. You fucked my wife ? You fucked my wife ? Les combats de boxe. Les kilos en trop. La belle Moriarty/Vickie. Les frères qui s’embrouillent. Le dernier combat. La Motta qui prend une raclée, sans lever le petit doigt. Exprès. Et le sang qui gicle de partout. Son œil au beurre noir. Sugar Ray qui vient d’être proclamé champion. Et La Motta qui s’approche et lui lance cette phrase « You didn’t get me down, Ray ». Et c’est pire qu’un K.O.

Et j’en passe : je ne peux pas tous les citer. Ce serait trop long.

Aujourd’hui, je regarde moins de films que ce je voudrais. Je n’ai pas le temps. Si j’avais le temps, j’en regarderais un par jour. Car, oui, il me reste tant à voir. Il me reste Kurosawa, sur qui pleuvent les éloges. Il me reste tant de Truffaut et de Godard. Il me reste le cinéma Italien de l’âge d’or. Il me reste…

Je n’aurai jamais tout ce temps.

Mais je fais ce que je peux.

Tiens, avant-hier , j’ai vu un chef-d’œuvre. Pasqualino Settebelleze (seven beauties). Lina Wertmüller. Si vous voyez ce film, vous saurez que « La vita è bella », c’est de la rigolade. De la pure rigolade. C’est tout ce que je dirais sur ce sujet.

Aujourd’hui, et je sais que c’est tellement cliché de le dire, le cinéma n’est plus ce qu’il était. Presque personne ne met ses trippes dans un film. On a l’impression que c’est fait sur commande. Pèse sur ce bouton, l’autre et l’autre. Amène quelques stars. Okay. Le film est prêt. Fais une publicité monstre. Attends l’automne pour qu’il soit oscarisable….Ce n’est plus la même chose. Ce n’est plus le jeu d’acteurs d’avant. Ce n’est plus l’émotion. C’est le cinéma pop-corn, pizza, glace au chocolat.

Enfin, j’exagère un peu. Il y a l’Europe. Lars Von Trier. De temps en temps. Almodovar. Souvent. Ozon. De temps en temps. Veber, Haneke, etc. Il y a les américains, pas très américains. Soderbergh. Une fois sur deux. Lynch. Mais on ne comprend presque jamais. Les frères Coen. Souvent aussi. Wes Anderson (allez voir The Limited Darjeeling, c’est drôle !), Innaritu (Je sais, il est Mexicain, mais ses deux derniers films ont été faits aux États-Unis…), etc. Il y a l’Asie. Wong Kar Wai. Ang Lee. Et d’autres dont j’oublie le nom. Il y a sûrement l’Afrique, mais on n’en reçoit presque pas par ici (quelques nord-africains de temps à autre).

Il y a toujours des surprises.
Mais ce n’est pas assez.
Mais je suis nostalgique. Du bon vieux temps. Du vrai cinéma. De ces jours meilleurs où aller au cinéma était une expérience presque religieuse.

Peut-être ai-je tort.



Tous les cinéphiles le savent. Le petit garçon du Cinema Paradiso, c'est nous. C'est vous. C'est moi.



Labels: ,