Tuesday, October 03, 2006

Élégie trompeuse

Ne reste de nous
Que l’écho de mes soupirs
Dans ce navire
Qui dans cet océan du troisième étage
Vacille et chavire
Chavire sans se noyer
Et ces meubles que tu as laissés
Dénudés de toute poésie
Témoins de chambres sans vie
Témoins de couloirs sans gloire
Témoins d’une autre vie
Qui fut
Qui fut

Ne reste de nous
Que ces photos éparpillées
Un peu partout
Un peu sans goût
Images d’un passé proche
Et pourtant si lointain
Images d’un peut-être
Images d’un on-aurait-pu
Mais nous ne pûmes
Mais nous ne sûmes

Ne reste de nous
Que ces sourires
Accrochés sur nos visages
Lors de ces beaux voyages
Que nous crûmes prologues
Mais qui furent épilogues
Que cet amour arrogant
Qui nommait déjà ses enfants
Sans le moindre berceau
Qui se voyait déjà en banlieue
Te voilà sans lieux
Te voilà sans cieux

Je garderai de nous
L’odeur des matins
Et l’ombre des soleils
Qui nous effleurèrent
Quand jeunes et beaux
Encore nous nous voulions

Je garderai de nous
Ces regards silencieux
Et ces rires prétentieux
Que nous offrîmes à la vie
Plaisirs communs
D’une intimité sans fin
Je garderai de nous
Ce premier baiser
Dans un cinéma sacré
Désormais lieu de pèlerinage
Pour ceux qui nous savaient
Pour ceux qui nous admiraient
J’oublierai le reste
Car reste il n’y eut pas
Un jour tout s’envola
Les qualités devinrent défauts
Et les bien pas assez
Un jour tout s’éclipsa
Fin abrupte
D’un amour arrogant
Jadis beau et insolant
Désormais orphelin
Au piètre destin

<$I18NNumpersonnes$>:

At 4/10/06 12:28 AM , Blogger Nina louVe said...

On dirait qu'octobre fabrique des ruptures. C'est 3 en 3 aujourd'hui sur ce thème. La vôtre, la sienne et la mienne au fond de ma gorge.La vôtre est une fiction, la sienne une invention, la mienne ne parle pas, elle se dessine. Votre Élégie trompeuse tombe à point nommé."J’oublierai le reste
Car reste il n’y eut pas". Demain pourtant, j'inventerai un nouveau jour et un sourire pour le nommer.

 
At 4/10/06 12:49 AM , Blogger Onassis said...

La sienne ?

N'est pas fiction tout ce qui le paraît...!

 
At 4/10/06 8:04 AM , Anonymous Anonymous said...

Effectivement Onassis... Et un blogue est sans doute le lieu choisi pour confondre réalité personnelle et fiction.

Allez viens Jef.

 
At 4/10/06 9:43 AM , Blogger Onassis said...

Viens il me reste trois sous
On va aller se les boire
Chez la mère Françoise...

 
At 4/10/06 12:17 PM , Blogger Nina louVe said...

Allez viens Jef! Oui, c'est la chanson qu'il me fallait. Merci Eliane. Je vais de ce pas faire couler un café chaud et m'installer entre deux haut-parleur.

Onassis, la sienne? Celle du Butineur.

 
At 4/10/06 12:19 PM , Blogger Onassis said...

Okay, le butineur. Et la tienne. Ça en fait beaucoup en même temps comme tu dis.

 
At 4/10/06 12:21 PM , Blogger Nina louVe said...

Je reviens, Jef m'attend...

 
At 4/10/06 12:23 PM , Blogger Onassis said...

Fais attention, il fait cent kilos !

 
At 4/10/06 7:50 PM , Blogger Nina louVe said...

La lune se remplit. Comment va la soif ?

 
At 4/10/06 8:08 PM , Blogger Onassis said...

La soif est comblée Nina. Heureusement. Ce fut la presque agonie aujourd'hui :)

 
At 4/10/06 9:13 PM , Blogger Nina louVe said...

Agonie comme souffrir, Presque mourir ? Agonie comme combat ?

 
At 4/10/06 9:17 PM , Blogger Onassis said...

Plutôt comme combat. Une soif terrible et de l'eau partout. De l'eau tombant du ciel. Et la maîtrise de soi. Un combat difficile.

 
At 4/10/06 10:04 PM , Blogger Nina louVe said...

Je vous souhaite que demain soit doux, fort et vrai.

 
At 4/10/06 11:42 PM , Blogger Onassis said...

Je vous souhaite ce que vous vous souhaitez..

 
At 6/10/06 5:45 PM , Blogger Nina louVe said...

Je me suis gardé tous les voeux pour aujourd'hui. Ce soir la lune sera pleine et grosse. J'imagine qu'alors vous boirez enfin. Combat gagné Onassis !

De mon côté, j'irai parmi une centaine de poêtes m'enivrer de mots et déguster quelques rousses au collet blanc. À Trois-Rivières, le festival de la poésie bat son plein !!!

 
At 6/10/06 6:50 PM , Blogger Onassis said...

Ah une rousse ! Au milieu de rivières de poésie..que je t'envie Nina !

Amuse-toi bien et imprègne-toi de ces mots pour nous les livrer en d'autres formes, avec une autre prose...

 
At 6/10/06 7:06 PM , Blogger Nina louVe said...

Ne m'enviez pas. Prenez la route.

Et pour la lune ? Vous avez gagné votre combat ?

OUps! voilà les retardataires se montrent enfin à la porte. Je prends la 40 vers l'Est.
Bonne nuit avant l'heure. (sourires)

 
At 6/10/06 7:35 PM , Blogger Onassis said...

Prendre la route ? Oh, non, j'ai vaincu la lune mais pas ses fruits. Je passe mon tour pour cette fois-ci.

Passez une bonne soirée..et une bonne nuit..

 

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